Nom : 

Bonifas

Prénom : 

Paul

Lieu de naissance : 

Genève

Date de naissance : 

1893

Lieu de décès : 

Seattle

Date de décès : 

1967

Notice biographique : 

Né à Genève, Paul Bonifas est élève de l?école
des beaux-arts de la ville puis de l?École suisse
de céramique avant de monter son premier atelier
à Versoix, où il produit des pièces d'usage courant
et d'esprit figuratif. En 1920, il s'installe à Paris et
devient secrétaire de rédaction de la revue L'Esprit
nouveau fondée par le peintre Amédée Ozenfant
et l'architecte Le Corbusier, qui le qualifie
de « céramiste du purisme ». Bonifas reconnaîtra
par la suite sa dette envers le purisme, mouvement
qui prône l'ordonnancement plastique comme
principe de création.
Fort de cette expérience primordiale, il quitte
Paris en 1922 et reprend à Ferney-Voltaire un atelier
de poterie qu'il maintient jusqu?à la guerre. Bonifas
oriente son travail vers des procédés de fabrication
mécanique et un langage moderne basé
sur la construction des formes. Ses recherches
sont proches de celles de deux céramistes membres
de l'Union des artistes modernes (UAM), Jean Luce
et surtout Robert Lallemant, dont l'esthétique est
issue du cubisme et de la machine. Chez Bonifas,
la rigueur des pièces est tempérée par des références
classiques chinoises. Ainsi, les formes du Vase
à six pans ou du vase À la chinoise du musée
des Arts décoratifs évoquent les Zun (des bronzes
archaïques chinois), tandis que le vase de forme
tonneau ? également au musée ? rappelle les Gui
(formes archaïques à anses latérales). Ses émaux
sont également proches des couvertes craquelées
Guan (gris bleuté) ou Ge (gris-jaune).
Ce mélange de modernité et de classicisme reste
d'ailleurs un paradoxe souvent souligné à propos
de son oeuvre.
En 1937, l'artiste participe à l'Exposition internationale
des arts et techniques et présente plusieurs pièces,
dont le vase de forme tonneau.
Les techniques utilisées par Bonifas sont multiples :
d'abord des terres vernissées qui perpétuent
les techniques traditionnelles de l'atelier à Ferney-Voltaire,
mais aussi des grès débutés en 1924 dans
la perspective d'une collaboration avec la Maîtrise
des Galeries Lafayette, d?étonnantes terres noires
lustrées publiées vers 1930 dans ses catalogues
de vente et surtout de très nombreuses faïences.
La guerre l'amène en 1940 à fermer son atelier
et à diversifier ses occupations : photographie
documentaire, aménagement de collections
du musée d'Ethnographie de Genève, organisation
d'une galerie des métiers d'art pour la ville
de Genève? Sa femme, dont il s'est séparé et
à qui il a cédé les bâtiments de sa poterie,
relance après guerre la production de faïence sous
le nom de Lifas. Bonifas quitte alors la Suisse
pour les États-Unis où il enseigne à l'université
de Seattle jusqu'en 1959. (source : catalogue Céramiques XXe siècle, musée des arts décoratifs 2006)