Les Animaux du département des jouets

L’animal est une des figures majeure du jouet. Animaux préhistoriques, sauvages, domestiques, fantastiques accompagnent la vie enfantine. Reproduction de la nature, reflet de l’évolution de la société, l’animal est le thème de prédilection des fabricants de jouets. Il est aussi souvent identifié à l’être humain et aux héros. A travers les fables, la littérature de jeunesse, les émissions télévisées, le cinéma, le jeux vidéos, il a tous les attributs d’un homme ou d’un surhomme.

Les ours en peluche, les arches de Noé, le monde de la ferme, du cirque, du zoo, des safaris, les personnages et héros permettent de découvrir le monde animalier de la collection des jouets des Arts Décoratifs.
Animaux en peluche, en bois, en plastique, à câliner, traîner, chevaucher, mordiller, habiller, aligner les uns derrière les autres ; ils peuplent les chambres d’enfants et traversent les générations. Cette incroyable « réserve animale » a fait l’objet d’une campagne photographique en 2008, menée par Jean Tholance et financée par la Mission de la recherche et de la technologie du Ministère de la culture et de la communication.

Histoires d’animaux…

Histoire de Teddy Bear
L'ours en peluche apparaît au tout début du XXe siècle avec une double paternité. La première aux Etats-Unis : en novembre 1902 paraît dans le Washington Post une illustration du célèbre dessinateur Clifford K. Berryman mettant en scène le président Théodore Roosevelt refusant de tuer un ourson lors d'une chasse dans le MIssissippi. Morris Michtom s'inspire de l'incident pour créer un ours en peluche qu'il baptise "Teddy's Bear" en hommage au président surnommé Teddy. Son succès lui permet d'ouvrir la première  fabrique d'ours aux Etats-Unis, la Ideal Novelty and Toy Co, qui dès 1907, produit des ours à grande échelle. La deuxième en Allemagne : Richard Steiff dessine un ours inspiré de ceux qu'il observe au zoo de Stuttgart pour la fabrique  de jouets de sa tante, Margarete Steiff. En 1903, le premier ours Steiff, Bar 55PB, est exposé à la Foire des jouets de Leipzig et connaît un grand succès. Steiff fait breveter sa marque de fabrique, le bouton de métal dans l'oreille et dès 1907, les ours Steiff, qui se vendent à près d'un million d'exemplaires, prennent le nom de "Teddy". Ces années sont connues sous le nom "des années Teddy Bear" en Allemagne et aux Etats-Unis. L'Allemagne est avant la Première Guerre mondiale le premier producteur d'ours en peluche.

Histoire de l’Arche de Noé
À la fin du XIXe siècle, dans la région d’Erzgebirge en Allemagne, la fabrication de jouets en bois est souvent une activité d’appoint pour les travailleurs des fermes. Hommes, femmes et enfants sont employés l’hiver, quand il n’y a pas de travaux des champs. Pendant que les uns découpent et tournent les pièces, les autres les sculptent, les collent et les peignent. Le moule qui sert à fabriquer les animaux est un cercle de bois tourné en forme de couronne ayant le profil d’un animal, que l’on débite en tranches.
Le thème de l’Arche de Noé est très populaire, surtout dans les pays protestants où celle-ci est un des rares jouets tolérés le dimanche. Elle adopte des formes différentes : arche-bateau, arche-étable, arche-maison, parfois montée sur des roulettes. Elle sert de rangement à l’ensemble des animaux et des personnages.

Histoire de cirque
En 1871, Phineas Taylor Barnum plus connu sous le nom de PT Barnum, ouvre un cirque à New York, dans le quartier de Brooklyn. Il connaît Outre-Atlantique un vif succès et voyage à travers le monde. En 1881, il fusionne avec son grand rival James Bailey et le New Barnum and Bailey Circus continue ses tournées bien après la mort de PT Barnum en 1891. En 1901 , ce cirque américain arrive pour la première fois en France. Le public est particulièrement impressionné notamment par la démesure du cirque composé de 61 wagons et de 3 pistes où sont proposés simultanément les numéros équestres, de ménagerie, de performances athlétiques, de courses Romaines. La principale attraction était l'éléphant africain Jumbo, de six tonnes et demie que Barnum avait acheté au Zoo de Londres en 1882.

Histoire de ménagerie
La ménagerie est au début du XXe siècle la représentation du cirque qui est la plus souvent reproduite en jouet. Tirée par un  éléphant, elle renferme quelques animaux : un petit éléphant, animal difficile à dresser mais très doué ;  un singe, à qui l’on apprend d’abord à imiter les hommes puis à montrer son agilité naturelle ; un ours équilibriste, acrobate ou jongleur ;  un lion et un tigre qui, à l’époque, sont dressés en férocité pour accomplir des numéros effrayants ; des animaux plus rares comme le rhinocéros, la hyène, le loup et un chameau, semblable au fameux dromadaire que Molier a dressé à la haute école au début des années 1900. Cette ménagerie est conduite par un petit enfant appelé Cornac ou Mahoud. Il s’occupe de l’éléphant jour et nuit. Cet éléphant rappelle le fameux Jumbo du cirque Barnum.

Histoire des animaux de Caran d’Ache (1859-1900)
Lorsqu’il commence sa carrière d’illustrateur, Emmanuel Poiré signe sous ce pseudonyme et publie dans des périodiques tels que Le Chat Noir, le Tout Paris, la Vie Militaire, la Caricature, le Journal. Habile dans la représentation des animaux et leurs mouvements, il participe en 1886 au succès du cabaret parisien le Chat Noir avec un spectacle d’ombres chinoises. Il consacre les dernières années de sa vie à la confection de jouets réalisés à partir de ses illustrations.
Le caniche, le basset, l’épagneul breton, le chien de chasse, la levrette, le basset allemand, le teckel, le ratier, le dogue, le loulou et le bulldog sont représentés de profil et sont articulés. Caran d’Ache mentionne sur son catalogue de jouets paru en 1907 : « C’est un jouet et en même temps une oeuvre d’art. Les petits s’en amuseront, les grands l’admireront ». En 1916, la série des chiens en bois découpé et peint est présentée à l’exposition « Les jouets artistiques » au musée des Arts décoratifs.

Histoire des animaux de Benjamin Rabier (1864-1939)
Caricaturiste, publiciste et écrivain, Benjamin Rabier rencontre Caran d’Ache en 1889 qui le fait entrer comme dessinateur dans les revues françaises La Chronique Amusante et Gil Blas Illustré.
En 1906 Benjamin Rabier se lance dans la littérature enfantine et publie une édition entièrement illustrée des Fables de la Fontaine. Il illustre aussi le Roman de Renard et l'Histoire Naturelle de Buffon.
Hergé disait du dessin de Rabier qu’il était « simple, joyeux et d’une lisibilité parfaite. En quelques traits bien charpentés tout était dit : le décor était indiqué, les acteurs en place ; la comédie pouvait commencer. ».

Histoire du fabricant Fernand Martin (1849-1919)
A l’âge de vingt-neuf ans, Fernand Martin dépose le brevet d’un poisson nageur actionné par un caoutchouc torsadé. Le succès inattendu de cet objet lui  permet d’ouvrir en 1880 sa première fabrique de jouets à Paris. L’industrie du jouet est alors complémentaire de celle de la ferblanterie. La découpe ou l’emboutissage d’ustensiles ménagers laisse de grandes quantité de chutes de fer-blanc que les fabricants de jouets vont exploiter pour sortir leurs premiers modèles en série.

Histoire de la société Victor Bonnet (1920-1965)
Victor Bonnet, successeur de la maison Fernand Martin, relance la production avec les anciens modèles Martin puis en crée de nouveaux. Véhicules et animaux aux formes simples et épurées et aux mécanismes à clé sont les représentants de la marque Victor Bonnet.

Rhinocéros, 1986, Manhattan Toy Cie peluche jersey de velours

© Les Arts Décoratifs, photo Jean Tholance