Nom : 

Ramié

Prénom : 

Suzanne

Lieu de naissance : 

Lyon

Date de naissance : 

1907

Date de décès : 

1974

Notice biographique : 

Suzanne Douly se forme à l?école des beaux-arts
de Lyon de 1922 à 1926. Elle aborde la céramique
comme support d'un décor peint. Dessinatrice
textile pour la maison Gilet et Tahon de Lyon, elle
fait la connaissance de Georges Ramié (1901-1976).
L'industrie textile étant moins florissante, ils partent
vers 1936 sur la Côte d'Azur où Georges Ramié
possède une maison familiale. Elle travaille alors dans
une agence de publicité appartenant à Aimé Maeght
à Cannes. Suzanne et Georges Ramié s'installent
en 1938 à Vallauris. Elle s'initie aux techniques
de la céramique chez un potier local, Jean-Baptiste
Chiapello, et fonde avec son mari un atelier qui tire
son nom de leurs initiales respectives : Madoura
(MAison DOUly RAmié).
Lorsque les Ramié rejoignent Vallauris, la production
locale, de facture traditionnelle, est encore utilitaire.
Prolongeant cette tradition, Suzanne Ramié débute
par des pièces usuelles vernies à l'alquifoux en vert
ou jaune : services de table Louis XV, épis de faîtage,
bourraches, gourdes appelées là-bas gus... Très vite,
sa formation de dessinatrice l'amène à concevoir
des formes en rupture totale avec la création locale.
Les pièces sont soit épurées comme les bouteilles
fines ou les vases de forme toupie, soit d'une grande
fantaisie : cafetières munies d'une sorte de goitre,
théières sur pied de style constructiviste, pieds de
lampe-femmes, chandeliers ornés de protubérances?
Le vase Tripode du musée des Arts décoratifs est
emblématique de cet esprit d'invention et de
ses formes audacieuses. Réminiscence lointaine
de vases chypriotes antiques, cet étrange pot juché
sur trois gros pieds n'a pas d?équivalent dans
la céramique du moment.
En dehors de ses créations propres, l'atelier est
célèbre pour avoir accueilli Marc Chagall, Victor
Brauner, Sébastien, Picasso? Ce dernier fera sa
réputation et, afin de ne pas entrer en concurrence
avec lui, Suzanne Ramié renoncera au décor pour
se concentrer sur les émaux monochromes. Après
le « jaune omelette » des vernis à l'alquifoux du début,
elle utilise des émaux industriels variés : blanc,
bleu pâle, jaune vif, bleu profond, orange durane?
Dans les années 1970 son oeuvre évolue vers des
pièces sculpturales et géométriques. L'artiste tourne
alors le dos aux références anthropomorphes
et zoomorphes fréquentes dans les décennies
précédentes. Après son décès, l'atelier reste ouvert
et vend autant la production de Madoura que
les pièces d?édition de Picasso.
(source : catalogue Céramiques XXe siècle, musée des arts décoratifs 2006)